En cas de séparation, la solution la plus souvent appliquée est encore – et toujours - d'attribuer l’hébergement principal (droit de garde) chez la mère avec un hébergement secondaire (droit de visite) pour le père, soit par exemple une fin de semaine sur deux. Le père se sent alors réduit à un rôle de parent de seconde zone. C’est actuellement mon cas.
Pourtant, on tend à admettre de plus en plus que les deux parents doivent s’investir dans l’éducation de l’enfant. On pourrait alors se dire que le principe de la garde partagée (ou garde alternée) se devrait d’être plus souvent appliqué.
Chacun sortira ses statistiques. Chacun interprétera ses chiffres à sa manière pour tenter de démontrer que la garde partagée est devenue courante au Québec ou ailleurs. Mais alors peut-on m’expliquer pourquoi de nombreux pères compétents doivent encore se battre pour prendre leur place de parent ? Pourquoi des pères revendiquent de pouvoir partager plus de temps auprès de leur enfant ? Pourquoi des pères ont été jusqu'à paralyser les grands ponts routiers montréalais pour exprimer leur désarroi ? Pourquoi ?
Il serait sans doute temps que l’on mette en place – comme dans d’autres pays européens - une référence, non pas par souci d’égalité entre les parents, mais dans le but de trouver un système qui diminue les tensions et donne une place prioritaire à une mode de fonctionnement de « coparentage ».
Concrètement dans certains pays européens (Belgique, France, Suède, etc.) lorsque les parents ne vivent plus ensemble et qu’un tribunal est saisi sur les modalités de garde de leurs enfants, différents cas de figure peuvent intervenir :
- Les parents se sont mis d’accord pour décider ensemble d’une formule de garde, quelle soit partagée ou non. Dans ce cas, le tribunal va homologuer cet accord pour autant que l’intérêt de l’enfant soit respecté.
- Les parents sont en désaccord et l’un des parents demande une garde partagée. Dans ce cas, le juge se doit d’examiner prioritairement la solution « moitié chez la mère, moitié chez le père », sauf s'il est démontrer que ce n'est pas dans l'intérêt de l'enfant. Le juge peut aussi inviter les parents à aller (ou retourner) en médiation.
- Si le juge estime que la formule de garde partagé n'est pas appropriée ou que l’accord des parents est manifestement contraire à l’intérêt de l’enfant, il se doit alors d'envisager toutes formes d’hébergement de manière alternée, par période de durées différentes. Il se doit d’octroyer un temps de garde suffisant pour que chacun des parents puissent s’investir auprès de son enfant. Il se doit aussi de justifier son choix.
Dans un tel système, le juge doit tenir compte de l’avis des parents et en tout cas s'assurer que les enfants passeront (sauf exception) autant de temps chez les deux parents : un jour, une semaine ou un mois sur deux, peu importe.
L’objectif d’une telle approche est clairement de favoriser l’entente entre les parents, de les responsabiliser et de diminuer le niveau de conflit. Elle devrait s’accompagner par la mise en place de séminaires sur la coparentalité qui aideraient les parents dans leur cheminement.
Je suis bien conscient que cela ne solutionne pas tous les problèmes. Une série de petites choses sont difficilement divisibles. Qui choisit de l’école ? Qui accompagne l’enfant chez le médecin ? Qui paie les frais pour une activité ? Etc. Mais, je fais le pari que deux parents responsables (coparents) centré sur l’enfant sont capables de surmonter sans peine ces situations.
Permettez-moi donc de terminer ce message en posant clairement la question :
Je voudrais rappeler qu’une pétition (portée par un père qui veut prendre sa place) demandant une nouvelle approche en matière de garde partagée circule au Québec. Merci d’en prendre connaissance, de la signer, de la faire signer, de la diffuser et de la renvoyer avec les signatures collectées (même avec une seule signature). Pour accéder à cette pétition : cliquer ici.
0 commentaires:
Enregistrer un commentaire