Les débats passionnés autour de la « garde partagée » sont trop souvent récupérés par des groupes de défense des droits des hommes ou des femmes. De tels débats servent le plus souvent des idéologies et parfois des intérêts politiques et économiques. Nous tombons alors dans le piège des « extrémismes » qui souvent parviennent difficilement à porter un regard critique et constructif. Mettons un instant de côté toutes les discussions autour des enjeux de la « garde partagée » pour nous centrer uniquement sur l’usage de certains termes qu’on utilise et qui reflètent - sans nécessairement - qu’on s’en rende compte notre façon de voir et de penser les choses.
Le projet de loi canadienne C-422 que j’ai mentionné dans mon petit texte du 30 décembre dernier (accès au texte) propose des modifications terminologiques qui me paraissent des plus intéressantes. On préconise notamment l’usage de « temps parental » en remplacement de « garde », « droit de visite » ou « droit d’accès ».
Pour ma part, j’abonde totalement dans ce sens. Parler de « temps parental », c’est mettre clairement l’accent sur la notion et le rôle de chacun comme parent, peu importe la durée qu’on passe avec son enfant. C’est aussi reconnaître que pour être parent, il faut passer un certain temps avec son enfant. Dès lors, comment ne pas être ravi de cette revalorisation terminologique qui met clairement l’accent sur la dimension parentale comme force positive et significative dans la vie de l'enfant ?
Je m’étonne donc de constater que de nombreuses associations s’opposent à un tel changement de dénomination et insistent pour le maintien des notions de garde et de droit de visite sans nécessairement développer leur argumentation.
Parler de garde n’a aucun sens pour moi. Suis-je le gardien de mon enfant ? Mon enfant a-t-il besoin d’être gardé ? Où est ma place de parent derrière cette notion de garde ? Où est l’idée du parentage ?
Parler de droit de visite ou de droit d’accès, c’est réduire l’autre dans une simple fonction de visiteur sans qu’il y ait nécessairement une reconnaissance de sa place et de son rôle en temps que parent. Suis-je un papa visiteur ?
Par ailleurs, avoir la « garde » et réduire l’autre parent dans une position de visiteur peuvent facilement être associé à un pouvoir qu’on se donne, même si la responsabilité parentale est théoriquement partagée.
Les termes qu’on utilise ont une importance certaine sur l’attitude des personnes concernées. Il me semble donc qu’en matière familiale (souvent chargée émotionnellement), il faudrait faire davantage attention à trouver les mots justes.
Ajoutons dans notre vocabulaire le verbe « paterner ».
Parlons dorénavant de « temps parental », peu importe la durée que nous passons avec notre enfant. Ce temps, c’est celui q’un parent passe avec son enfant, et non celui d’un gardien, d’une gardienne ou d’un visiteur. Il s’agit par là de reconnaître simplement l’importance d’être parent.
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Le projet de loi canadienne C-422 que j’ai mentionné dans mon petit texte du 30 décembre dernier (accès au texte) propose des modifications terminologiques qui me paraissent des plus intéressantes. On préconise notamment l’usage de « temps parental » en remplacement de « garde », « droit de visite » ou « droit d’accès ».
Pour ma part, j’abonde totalement dans ce sens. Parler de « temps parental », c’est mettre clairement l’accent sur la notion et le rôle de chacun comme parent, peu importe la durée qu’on passe avec son enfant. C’est aussi reconnaître que pour être parent, il faut passer un certain temps avec son enfant. Dès lors, comment ne pas être ravi de cette revalorisation terminologique qui met clairement l’accent sur la dimension parentale comme force positive et significative dans la vie de l'enfant ?
Je m’étonne donc de constater que de nombreuses associations s’opposent à un tel changement de dénomination et insistent pour le maintien des notions de garde et de droit de visite sans nécessairement développer leur argumentation.
Parler de garde n’a aucun sens pour moi. Suis-je le gardien de mon enfant ? Mon enfant a-t-il besoin d’être gardé ? Où est ma place de parent derrière cette notion de garde ? Où est l’idée du parentage ?
Parler de droit de visite ou de droit d’accès, c’est réduire l’autre dans une simple fonction de visiteur sans qu’il y ait nécessairement une reconnaissance de sa place et de son rôle en temps que parent. Suis-je un papa visiteur ?
Par ailleurs, avoir la « garde » et réduire l’autre parent dans une position de visiteur peuvent facilement être associé à un pouvoir qu’on se donne, même si la responsabilité parentale est théoriquement partagée.
Les termes qu’on utilise ont une importance certaine sur l’attitude des personnes concernées. Il me semble donc qu’en matière familiale (souvent chargée émotionnellement), il faudrait faire davantage attention à trouver les mots justes.
Rappelons-nous que les mots signifient quelques choses. Ils sont porteurs de sens. Mais l’absence de mot aussi.La langue française est injuste. Le verbe « paterner » n’existe pas. Dès que je l’écris, mon logiciel de correction le souligne en rouge et insiste pour que je le remplace par « materner ».
Yvon Dallaire (Psychologue québécois - L’Actualité médicale, 28 janvier 2009, page 36)
Ajoutons dans notre vocabulaire le verbe « paterner ».
Parlons dorénavant de « temps parental », peu importe la durée que nous passons avec notre enfant. Ce temps, c’est celui q’un parent passe avec son enfant, et non celui d’un gardien, d’une gardienne ou d’un visiteur. Il s’agit par là de reconnaître simplement l’importance d’être parent.
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Bonjour Étienne, Je viens de lire votre message à propos du changement de terme; garde pour temps parental. J'abonde dans votre sens et j'ajoute à votre réflexion que l'utilisation du terme "garde" reflète un sens légal et non un lien affectif. Lorsque j'entends ce terme je l'associe tout de suite à une Cour de justice ou une sanction. Ceci est mon association j'en suis bien consciente mais n'empêche que le terme temps parental revêt un sens d'affection et donne à mon avis une place à chacun des parents.
RépondreSupprimerC'est vrai que les mots ne sont jamais parfaits et toujours connotés. Le mot "temps parental" est sans doute mieux que l'expression "garde", que je n'aime pas. Quand je dis que je suis la belle-mère de deux garçons en garde partagée, ça sonne légalo-bureaucratique. Dans la vraie vie, je reste leur belle-mère (et Chum/papa reste leur père) même quand on n'est pas sur notre "temps parental".
RépondreSupprimerC'est délicat, tout ça. Je t'encourage à continuer de militer à ta façon. Un papa, c'est souvent encore considéré comme un parent de second ordre (et une belle-mère, c'est souvent considéré comme "la blonde de ce parent de second ordre").
Bon courage!
salut Etienne, et tu as tellement raison dans ce que tu dis, arrêtons tous ces mots barbares comme garde d'enfants, comme ci celui ci serait un prisonnier que l'on se partage, le père a aujourd'hui une autre fonction que de payer une pension alimentaire et n'être que le papa d'un week end sur deux, bravo pour ton combat
RépondreSupprimerAndré
Bonjour,
RépondreSupprimerPour appuyer le contenu de mon message, je voudrais reprendre deux extraits d’un mémoire du Comité du Barreau sur le droit de la famille (présenté lors d’un colloque dans la ville de Québec le 8 juin 2001) :
Page 5 :
« Un consensus s’est développé rapidement au sein du Comité. Il est clair que les parties impliquées ne sont pas suffisamment informées des concepts juridiques et de leur signification. La perception de plusieurs parents est à l’effet que l’attribution de la garde fait un « gagnant et un perdant », ce qui peut avoir un effet sur les relations post-rupture des parents et dans certains cas, entraîner un désengagement du parent non gardien. On est d’ailleurs à même de constater ce phénomène. Les termes peuvent donc avoir une importance certaine sur l’attitude des parties […] On ne doit pas sous-estimer l’impact des mots... »
Page 7 :
« La simple mention de l’attribution de la garde à l’un ou l’autre des parents [... fait en sorte que...] le parent non gardien a souvent l’impression de perdre son autorité, son « pouvoir » sur l’enfant, ce qui occasionne parfois une forme de désengagement de sa part. »
Ma conclusion :
Même le Comité du Barreau sur le droit de la famille reconnaît - depuis plusieurs années - l'importance des mots utilisés. Alors, pourquoi ne propose-t-il pas de changer le mot « garde » (si on sait qu'il peut signifier un désengagement du parent non gardien - le plus souvent le père) par « temps parental » ? Dix années après la publication de ce mémoire...
Bonjour !
RépondreSupprimerJe poursuis cette réflexion terminologique en reprenant un extrait du journal du Barreau du Québec (Volume 35 - numéro 17 - 15 octobre 2003 - « Valorisation de la coparentalité » par Lise I. Beaudoin, avocate). Cet article porte sur le projet de loi précédent (C-22). Ce projet n’a pas abouti avant la fin de la législature.
Voici un extrait :
« Le Barreau note avec approbation que la terminologie nouvelle retenue dans le projet de loi décrit mieux la nature des relations parents/enfants qui doivent survivre au divorce. Au point où il estime qu'il serait pertinent de l'adopter dans le Code civil du Québec. Le projet de loi favorise notamment les termes d'ordonnance parentale ou d'ordonnance sur les contacts personnels, plutôt que de continuer à employer ceux moins adéquats de garde et droits de visite. Ces derniers perpétuent une connotation « gagnant-perdant » qui risque souvent de mettre en péril l'équilibre devant exister entre les parents face aux enfants. On sait que, souvent, le parent n'ayant pas la « garde » a l'impression qu'il perd ses droits face à son enfant, ce qui est inexact en plus d'être non propice à une bonne entente entre les parents, écrit le Barreau. »
Pour ma part, je pense que le terme proposé dans le dernier projet de loi (C-422) de « temps parental » reste le meilleur.
Il est possible d’accéder à cet article au lien suivant :
www.barreau.qc.ca/publications/journal/vol35/no17/coparentalite.html
bon courage ce n'est hélas pas mieux en France pays de liberté ,fraternité,EGALITE!!!!!!!!!!!!!
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