26 septembre 2010

Coparentalité : L’appel téléphonique parental

Avec l’idée de coparentalité, les parents sont amenés à devoir interagir l’un avec l’autre. Ce n’est pas toujours évident. Une stratégie intéressante présentée dans le livre Conflits coparentaux après une séparation - Guide survie (Thayer et Zimmerman, 2008, pp. 95-101) pourrait être celle du contact téléphonique parental hebdomadaire pour prendre les décisions nécessaires autour de l’enfant et se partager des informations. Ce contact est d’autant plus utile pour le parent qui n’a pas le temps parental dominant.

Élizabeth S. Thayler et Jeffrey Zimmerman ont décrit une procédure, un mode de fonctionnement détaillé à suivre et à respecter pour mener à bien un tel appel téléphonique. Celui-ci se fait, selon eux, sans la présence de l’enfant pour le protéger du conflit d’adulte. Ce contact téléphonique est planifié de façon régulière et se prépare idéalement comme si on avait une « rencontre d’affaire ». Dès lors, un ordre du jour doit être prévu et respecté. Ces deux auteurs proposent un ordre du jour simple et pratique. Celui-ci comprendra par exemple :

  • Les bons coups : Partager en premier lieu des bonnes nouvelles concernant son enfant permet immédiatement de créer un climat positif, qui incitera davantage au compromis et au partage. Ce point est très important pour le parent qui passe le moins de temps son enfant. Un père qui ne voit son enfant qu’une fin de semaine sur deux, manque plein de merveilleuses petites choses. Il n’y a rien de plus attristant – même dénigrant - que de ne pas informé. En bref, chaque parent devrait transmettre toute l’information que lui même voudrait recevoir. Dans ce cas, plus d’information vaut mieux que trop peu.
  • Les problèmes médicaux incluant les rendez-vous chez le médecin et autres professionnels de la santé qu’ils soient récent et,ou à venir.
  • Les problèmes reliés à l’école (ou la garderie) : Il s’agit de se partager les informations concernant la performance scolaire, le comportement à l’école, les rencontres scolaires, les commentaires du professeur, etc. Trop souvent, les informations scolaires sont adressées à un seul parent ce qui nuit à l’implication conjointe des deux parents autour de leur enfant.
  • Les activités incluant la logistique.
  • La garde de l’enfant : Ce point est particulièrement important si on a affaire à un jeune enfant. Les questions autour de l’alimentation, de la sieste, de l’apprentissage à la propreté, de l’heure du couché sont abordées. Évidemment, pour un enfant plus âgé, les problèmes seront différents. Au-delà des questions, il peut aussi être pertinent de se partager des « trucs » quotidiens concernant son enfant.
  • Le comportement : On aborde ici tous les problèmes de discipline et on partage ce qui fonctionne. Il ne s’agit pas de viser l’uniformité, mais on peut tendre vers une certaine cohérence. La mise en commun d’information permet également de décider ensemble des grands principes éducatifs et des valeurs qu’on veut transmettre à son enfant.
  • L’horaire : C’est sans aucun doute un des points les plus problématiques. Pour éviter le conflit, Élizabeth S. Thayler et Jeffrey Zimmerman mentionne qu’il vaut mieux ne pas changer les horaires planifiés à l’avance. Tout changement souhaité par un des parents devrait être traité comme une demande, un souhait et non comme un dû.
  • Les nouvelles affaires si on a d’autres points à discuter

Cet appel téléphonique parental ne remplace nullement le cahier de communication. C’est une occasion supplémentaire pour mettre en commun différentes choses concernant son enfant. Rappelons aussi que ce n’est pas un temps pour donner libre cours à ses émotions. Le côté hebdomadaire permet à chaque parent de se donner un temps de réflexion avant de prendre certaines décisions. C’est le : « Laisse moi réfléchir et je te reviens là-dessus la semaine prochaine ». Il peut être aussi utile de rédiger en alternance un petit compte-rendu après chaque contact.

Cependant, la mise en place d’un appel téléphonique parental ne peut se faire que si les deux parents en acceptent préalablement le principe. On risque donc parfois de se retrouver dans une situation ou un des parents le refuse. Le plus souvent, ce sera le parent qui a la garde de l’enfant qui s’y opposera. Sans doute, est-ce par crainte de perdre le « pouvoir » et le « contrôle » sur son enfant ? Aucun jugement ne pourra forcer les parents à mettre en place une telle stratégie coparentale. Que faire alors ? Les deux auteurs de ce livre n’abordent pas cette situation. La question reste ouverte. [Des idées dans les commentaires - Merci]

Sur ce blogue, un petit texte présente ce livre : Conflits coparentaux après une séparation - Guide survie.

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